Les baby-boomers sont nombreux à préparer leurs propres funérailles
Honey Leveen, 48 ans, a déjà tout prévu pour son enterrement. «Je veux faire une belle fête dans un parc et commander un bon traiteur. Je ne veux pas que cela soit triste».
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Comme de plus en plus souvent aux États-Unis, cette habitante du Texas a eu recours à un «organisateur de funérailles» qui a tout négocié pour elle lorsque viendra le «moment inévitable»: la crémation, l'urne, le parc, le style de musique, le traiteur.
Honey Leveen, 48 ans, s'y est prise tôt, non pas parce qu'elle est malade, mais parce que, assureur de profession, elle dit «aimer prévoir les choses à l'avance». «Et surtout j'aime ma famille, je ne veux pas qu'ils aient le moindre souci quand je mourrai», dit-elle à l'AFP.
Un nombre croissant d'Américains choisissent d'organiser leurs propres funérailles, une tendance à mettre au compte des baby-boomers, nés après la guerre, «qui sont connus pour leur volonté de contrôler tous les aspects de leur vie et de tenir à leurs idées», affirme Jessica Koth, porte-parole de l'Association nationale des entrepreneurs de pompes funèbres (NFDA, National Funeral Directors Association).
«Les boomers sont actuellement chargés des funérailles de leurs parents. Et ils sont des consommateurs très différents de la précédente génération. Ils veulent que l'événement soit unique et tout choisir eux-mêmes», explique à l'AFP Mark Duffey, fondateur à Houston (Texas) d'un réseau d'organisation de funérailles appelé Everest.
Quand ils prévoient pour eux-mêmes, ils se concoctent «un enterrement personnalisé et thématique». «Les baby-boomers veulent qu'on se souvienne d'eux. Ils ne veulent pas partir en silence dans la nuit comme la génération précédente qui ne voulait embêter personne. Au contraire, ils veulent faire du bruit», affirme Mark Duffey.
«Au lieu d'un cercueil de luxe, ils préfèrent par exemple un groupe de rock dans un restaurant», ajoute-t-il.
Ces cérémonies d'un autre genre sont rendues possibles par la progression fulgurante des crémations aux États-Unis. En 2005, un tiers (32%) des 2,4 millions de funérailles ont été des crémations contre 17% en 1990.
«À partir du moment où il n'y a plus le corps à la cérémonie, tout devient plus facile. On n'est plus lié par le cercueil», résume Mark Duffey qui a organisé des cérémonies sur mesure pour 65 000 clients. Tout compris, un enterrement classique atteint vite la somme de 10 000 à 20 000 dollars, selon lui.
À la place d'une veillée funèbre, «on peut avoir un défilé de motos à travers les bois, une ballade en bateau ou un repas dans son restaurant favori», explique-t-il.
Les entrepreneurs de pompes funèbres traditionnels tentent de suivre le mouvement. Ainsi Arvin Starrett, de Starrett Funeral Homes à Paris (Texas), se souvient avoir déménagé le bureau d'un banquier décédé pour reconstituer son environnement de travail dans la salle de visite funéraire.
L'internet et la vidéo ont aussi commencé à agrémenter les cérémonies. Des «livres de condoléances en ligne» sont désormais de rigueur. Mais dans les années à venir, «les vidéos autobiographiques vont exploser», promet Mark Duffey.
Lynn Isenberg, en Californie, s'est engouffrée dans ce créneau. D'abord écrivain, elle a publié un roman, The Funeral Planner, dont l'héroïne organise des funérailles. «Alors que j'écrivais le livre, je me suis aperçue que ça pouvait vraiment marcher. J'ai mis cela en pratique dans la vraie vie en créant Lights Out Enterprises», explique-t-elle à l'AFP.
Sur commande, elle tourne des biographies qui respectent les volontés du futur défunt.
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