La mort, une industrie lucrative
Durant huit semaines, Canal D donne carte blanche à des personnalités du monde artistique. Durant une heure, le mercredi à 20 h, celles-ci abordent un sujet de leur choix avec humour et sérieux, dans la série Mon oeil !
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Après l’avoir fait il y a deux ans, c’est la seconde fois que la chaîne donne cette occasion à des vedettes. L’idéateur Richard Gohier, qui a travaillé longtemps avec Marc Labrèche, les guide durant l’élaboration.
Le comédien Stéphane Crête ouvre la série le 4 avril en s’intéressant au commerce funéraire. Son documentaire, intitulé L’Industrie de la mort et moi, qu’il a scénarisé et réalisé, m’a fait beaucoup penser au Fric Show de Marc Labrèche. Beaucoup de statistiques et de comparaisons de chiffres, de même qu’un regard critique et humoristiquement absurde sur cette industrie lucrative.
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Le documentariste d’un jour nous emmène notamment dans une exposition annuelle, le Canadian Funeral Trade Show, qui réunit l’ensemble de l’industrie. On y trouve aussi bien le dernier maquillage pour dépouille mortelle en vogue que des reliquaires pour conserver une mèche de cheveux du disparu. Que diriez-vous d’une urne miniature en forme de borne-fontaine pour déposer vos cendres ? Et pourquoi pas un cercueil pour votre perruche ?
On rit, mais le documentaire nous rappelle que nos funérailles et tout ce qui les entoure représentent la troisième dépense en importance de notre vie. À moins que vous fassiez appel à une Coop funéraire, le cauchemar des multinationales de l’industrie. Pour un dernier repos plus modeste mais tout à fait convenable, il vous en coûtera en moyenne 3500 $ au lieu de 5500 $.
L’Industrie de la mort et moi se donne pour mission de démystifier ce domaine, de prime abord bien morbide. Vous verrez pourtant que les étudiants en thanatologie du Collège de Rosemont, à 80 % des filles, n’ont rien de croque-morts et semblent tout à fait sensés. Deux d’entre eux nous offriront une leçon d’embaumement sur une musique jazzy. Rassurez-vous, leur cadavre est un mannequin.
Parmi les autres documentaires, Jusqu’au-boutisme 101, de l’auteur François Avard, vous fera grincer des dents. Consacré aux weirds de la société, il nous présente notamment un adepte de perçages extrêmes et des fanatiques de partouzes, avec moult images explicites. Depuis qu’il a revu les extraits au visionnement de presse, le patron de Canal D, Jean-Pierre Laurendeau, songe à diffuser l’épisode plus tard qu’à 20 h. Bonne idée.
Quant aux autres documentaristes invités, Geneviève Brouillette s’intéresse aux vieux, André Robitaille, aux dentistes, Ghislain Taschereau, au bruit, Marie-Lise Pilote, à la race canine, François Léveillée, aux ramasseux d’objets, et JiCi Lauzon, au zapping.
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